La formation humaine

Pourquoi vivre une vie communautaire dans un séminaire ?

Le séminaire se présente comme un temps et comme un lieu; mais il se présente surtout comme une communauté éducative en cheminement: c'est la communauté établie par l'évêque pour offrir à celui qui est appelé par le Seigneur à servir comme les Apôtres la possibilité de revivre l'expérience éducative que le Seigneur a réservée aux Douze. En réalité, une relation prolongée et intime de vie avec Jésus est présentée, dans l'Évangile, comme préalable nécessaire au ministère apostolique. Cette intimité oblige les Douze à réaliser, d'une façon particulièrement claire et spécifique, le détachement, proposé dans une certaine mesure à tous les disciples, à l'égard du milieu d'origine, du travail habituel, des affections les plus chères. Bien des fois, nous avons rapporté la tradition de Marc qui souligne le lien profond unissant les Apôtres avec le Christ et entre eux: avant d'être envoyés pour prêcher et accomplir des guérisons, ils sont appelés à «être ses compagnons» (Mc 3, 14).

La nature profonde du séminaire est d'être, à sa manière, une continuation, dans l'Église, de la communauté apostolique groupée autour de Jésus, à l'écoute de sa Parole, en marche vers l'expérience de la Pâque, dans l'attente de l'Esprit donné pour la mission. Tel est l'idéal auquel doit tendre tout séminaire. Le séminaire, comme institution humaine, a connu dans l'histoire les formes les plus diverses et de multiples vicissitudes. Son identité le stimule toujours à trouver une réalisation concrète, fidèle aux valeurs évangéliques dont il s'inspire, et capable de répondre aux situations et aux nécessités des temps.

Déjà, sur le plan humain, le grand séminaire doit tendre à devenir «une communauté dont les membres sont liés par une amitié et une charité profondes, pour constituer dans la joie une vraie famille».


Des "fraternités"...

Se préparant à devenir membres d'un presbyterium coopérateurs de leur évêque, les séminaristes trouvent dans la vie même du Séminaire une structure susceptible de les aider à se former. Se former au sens de la collaboration, à l'approfondissement du sens de la mission commune, à la fraternité sacerdotale par des liens de charité, de prière, et de coopération.

Pour faire droit à cette requête dans la vie ordinaire du Séminaire, les séminaristes sont répartis en équipes, dites "fraternités". Ces équipes prennent en charge la vie liturgique de la communauté et le service de table.

Ces groupes sont un lieu de vie fraternelle et de prière. Elles deviennent un élément capital pour cette culture de la charité, objectif de toute vie chrétienne. Elles sont un lieu privilégié d'échanges sur tel ou tel sujet, sur un texte d'Ecriture ou sur les activités apostoliques.

Sur le plan chrétien, le séminaire doit se constituer - continuent les Pères synodaux - comme communauté ecclésiale», comme «communauté des disciples du Seigneur, dans laquelle une même liturgie imprègne toute la vie d'esprit de prière; elle est rassemblée par l'écoute et la méditation quotidienne de la Parole de Dieu et par le sacrement de l'Eucharistie; elle est unie dans l'exercice de la charité fraternelle et de l'esprit de justice; dans cette communauté, l'Esprit du Christ et l'amour de l'Église resplendissent, grâce au progrès de la vie communautaire et de la vie spirituelle de chacun de ses membres». Confirmant et explicitant concrètement la dimension ecclésiale essentielle du séminaire, les Pères synodaux continuent: «Comme communauté ecclésiale, tant diocésaine qu'interdiocésaine ou même religieuse, le séminaire doit nourrir le sens de la communion ecclésiale des candidats avec leur évêque et avec leur presbyterium, de sorte qu'ils participent à leur espérance et à leurs angoisses et sachent étendre cette ouverture aux nécessités de l'Église universelle.

Pastores Dabo Vobis, 60.