La formation intellectuelle


Extraits de Pastores Dabo Vobis  aux numéros 51 à 53 :

La formation intellectuelle, bien qu'ayant ses exigences spécifiques, est profondément liée à la formation humaine et spirituelle, au point d'en constituer une dimension nécessaire: elle se présente en fait comme une exigence de l'intelligence par laquelle l'homme «participe à la lumière de l'intelligence divine» et cherche à acquérir une sagesse qui, à son tour, porte à connaître Dieu et à adhérer à lui.


La formation intellectuelle des candidats au sacerdoce trouve sa justification spécifique dans la nature même du ministère ordonné, et le défi de la «nouvelle évangélisation» à laquelle le Seigneur appelle l'Église au seuil du troisième millénaire la rend plus urgente aujourd'hui. «Si tout chrétien - écrivent les Pères synodaux - doit être prêt à défendre la foi et à rendre compte de l'espérance qui vit en nous (cf. 1 P 3, 15), à plus forte raison les candidats au sacerdoce et les prêtres doivent-ils apprécier la valeur de la formation intellectuelle dans l'éducation et dans l'activité pastorales; en effet, pour le salut de leurs frères et de leurs soeurs, ils doivent acquérir une plus profonde connaissance des mystères divins.


L'étude de la philosophie, qui conduit à une compréhension et à une interprétation plus profondes de la personne, de sa liberté, de ses relations avec le monde et avec Dieu, est un élément essentiel de la formation intellectuelle. Elle se révèle d'une grande urgence, d'abord en raison du lien qui existe entre les problèmes philosophiques et les mystères du salut, étudiés en théologie, à la lumière de la foi, mais aussi en raison de la situation culturelle, aujourd'hui si diffuse, où prévaut le subjectivisme comme mesure et critère de la vérité. Seule une saine philosophie peut alors aider les candidats au sacerdoce à développer une conscience réfléchie du rapport constitutif qui existe entre l'esprit humain et la vérité, vérité qui se révèle pleinement à nous en Jésus Christ. On ne doit pas minimiser l'importance de la philosophie, sous prétexte de garantir cette «certitude de vérité» qui, seule, peut être à la base du don total de la personne à Jésus et à l'Église. Il n'est pas difficile de comprendre que certaines questions très concrètes, comme l'identité du prêtre et son engagement apostolique et missionnaire, sont profondément liées à la question, nullement abstraite, de la vérité. Si l'on n'est pas certain de la vérité, comment peut-on mettre en jeu sa vie entière, et avoir la force d'interpeller sérieusement celle des autres ?


La formation intellectuelle du futur prêtre se fonde et se développe surtout dans l'étude de la sacra doctrina, la théologie. La valeur et l'authenticité de la formation théologique dépendent du respect scrupuleux de la nature propre de la théologie, que les Pères synodaux ont ainsi résumée: «La vraie théologie provient de la foi et entend conduire à la foi». C'est cela que l'Église, et spécialement son Magistère, ont constamment proposé. C'est cette ligne qu'ont suivie les grands théologiens qui ont enrichi la pensée de l'Église au long des siècles. Saint Thomas est on ne peut plus explicite quand il affirme que la foi est comme l'habitus de la théologie, c'est-à-dire son principe d'opération permanent, et que «toute la théologie est ordonnée à nourrir la foi.